Hier soir, j’ai lancé une partie de Starfield sur mon vieux laptop qui a du mal à faire tourner Chrome. Ça a marché. Sans installer quoi que ce soit. En 2026, ça reste dingue à écrire.
Le cloud gaming, on nous en parle depuis genre 2019 avec Stadia (paix à son âme). À l’époque, je trouvais ça pas ouf. Latence, compression, catalogue famélique. Fallait vraiment aimer se battre avec sa box pour tenir une partie. Sept ans plus tard, on n’est plus du tout dans le même monde.
Le vrai truc du moment, c’est le test que Microsoft fait tourner en ce moment sur le cloud gaming Xbox gratuit, financé par la pub. Oui, gratuit. Tu regardes une pub, tu joues. Le modèle est calqué sur ce que fait Spotify depuis des années, ou YouTube. Franchement, sur le papier, c’est malin. Ça ouvre le jeu (au sens propre) à des millions de gens qui ne mettront jamais 15 balles par mois dans un Game Pass Ultimate. Et ce n’est pas sans rappeler d’autres secteurs du divertissement numérique où la monnaie du clic a tout transformé, comme les jeux d’argent en ligne avec cryptos, qui ont su capter une audience que les modèles traditionnels ne touchaient pas. Reste à voir combien de pub tu dois te taper avant de pouvoir lancer Forza. Si c’est deux minutes de spot toutes les vingt minutes de partie, ça va vite gonfler.
Perso, je trouve ça plutôt cohérent avec la stratégie Xbox depuis quelques années. Ils ne vendent plus une console, ils vendent un accès. Le hardware devient secondaire. D’ailleurs le Game Pass continue d’aligner du lourd, avec dix jeux ajoutés en juin dont deux grosses nouveautés day one. C’est ce genre de rythme qui fait que même les sceptiques finissent par s’abonner.
Sony aussi bouge, mais autrement. Les fuites autour de la PS6 parlent de plus en plus de cross-gen, d’IA et de cloud gaming intégré nativement. Traduction : Sony a compris que le prochain terrain de jeu, c’est pas la puissance brute de la machine, c’est ce que tu peux faire tourner sans machine. On verra ce que ça donne concrètement, mais l’orientation est claire.
Ce modèle du « tu paies un abonnement et t’as accès à tout » ressemble un peu à ce qu’on voit ailleurs, comme le programme VIP d’Alexander Casino qui joue sur la même logique de fidélisation par paliers. Le jeu vidéo n’a rien inventé, il applique juste des recettes qui marchent.
Le truc c’est que le cloud gaming, ça reste tributaire d’un facteur qui échappe complètement aux éditeurs : ta connexion. J’habite en centre-ville, fibre 1 Gb/s, tout roule. Mon frère est à 30 bornes de là, ADSL poussif, et pour lui c’est mort. Tant qu’on n’aura pas résolu ça au niveau national, une partie de la promesse tombe à l’eau. C’est frustrant parce que la techno, elle, est prête.
Un autre point qui me plaît bien avec la vague actuelle : la portabilité. Tu commences Baldur’s Gate 3 sur la TV du salon, tu continues dans le métro sur ton téléphone, tu finis sur la tablette dans le lit. Sans transfert de sauvegarde à gérer, sans rien. C’est fluide. C’est ce qu’on nous promettait il y a dix ans et qui commence enfin à ressembler à quelque chose.
La question du modèle économique reste ouverte cela dit. Est-ce que la pub va vraiment financer du AAA à long terme ? J’ai des doutes. Un jeu comme Starfield ou GTA VI coûte des centaines de millions à produire. Il faudra pas mal d’impressions publicitaires pour rentabiliser ça. Je vois plutôt le modèle pub comme une porte d’entrée : tu goûtes gratos, puis tu passes payant si t’accroches.
Ce qui est cool aussi, c’est que le cloud remet un peu de concurrence dans le secteur. Nvidia GeForce Now cartonne toujours, Amazon Luna existe encore (si, si), et même des acteurs plus petits arrivent à se faire une place. Après des années où on avait l’impression que Sony et Microsoft allaient se partager le gâteau, ça fait du bien.
Un dernier truc. J’ai remarqué que le discours autour du cloud gaming a changé. En 2020, tout le monde disait « ça remplacera jamais une vraie console ». En 2026, on entend plutôt « ma prochaine console sera peut-être ma dernière ». Le glissement est subtil mais il est là. Les gens acceptent l’idée. Les gamins qui découvrent le jeu vidéo aujourd’hui via Fortnite sur le téléphone de maman, ils ne feront pas le même chemin que nous.
Bref, on est vraiment à un moment charnière. Reste à voir si Microsoft tient son pari avec la pub, et si Sony arrive à intégrer le cloud proprement dans la PS6. Les deux ou trois prochaines années vont être marrantes à suivre.